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 ~ nothing worth having comes easy (Katsya)

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Nebojša Vukojević
ORIGINES : serbes & albanaises
STATUT : sans foi ni loi - célibataire
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MessageSujet: ~ nothing worth having comes easy (Katsya)    Dim 22 Fév - 16:30



T’as trop bu. C’est une chose qui n’était plus arrivée depuis longtemps. Pas tellement de trop boire, mais de te sentir vaseux, comme un ado qui prend sa première cuite. L’alcool pas cher, t’avais pourtant l’habitude, c’était LA denrée de contrebande lorsque t’étais encore à l’académie militaire. Ça fait trop longtemps, c’est ce que tu te dis. Tu passes la clé dans la serrure et claque la porte de ce petit appart’ un peu miteux de South End ; ce n’est pas bien grand, mais ça suffit pour toi tout seul. Tu ne prends plus la peine de verrouiller la porte, dans les environs, ceux qui t’ont déjà croisés n’ont pas franchement envie de t’approcher de leur plein gré, sans parler de s’incruster chez toi. C’est déjà arrivé, un pauvre type bourré, qui a cru que t’étais une sorte d’auberge de jeunesse. Il s’en souvient sûrement encore, de l’accueil qu’il a reçu.

~ Quelques heures plus tôt.
T’es accoudé au comptoir, une pinte bière posée devant toi. Tu viens de terminer une partie de billard contre un parfait inconnu, c’était le marché pour avoir les faveurs de la fille que vous regardiez tous les deux. Le gagnant repartait avec elle. Mais tu t’en foutais de la minette, t’avais juste envie de gagner. Ça aurait pu être elle ou une autre, toutes se ressemblent plus ou moins, et puis c’était de toute façon pas pour l’épouser ou pour ses beaux yeux. Enfin si, mais pas que. Et puis tu l’as vue elle, avec son air revêche, farouche, avec cette flamme dans le regard que tu n’avais plus aperçu depuis longtemps dans les yeux d’une femme. Elle n’avait pas l’air intéressée le moins du monde, et ça t’avait encore plus intrigué. Le carnassier, le prédateur que t’étais devenu y avait tout de suite trouvé plus d’attraits que dans les formes certes voluptueuses mais trop facilement offertes de la blonde qui gloussait à côté de toi.

Quelques vodkas plus tard, te voilà de nouveau chez toi, bredouille, et c’est une sensation que t’avais oubliée, mais contrairement à ce que tu pensais, ça ne te frustre pas, au contraire, ça te donne envie de chasser. Ça éveille ton esprit de conquérant : enfin un peu de défi.
Tu te débarrasses de tes vêtements avant de regagner le confort sommaire de tes draps, sans penser d’avantage à ce visage dur et à la fois quand même un peu vulnérable. Tu la retrouveras, tu l’auras.

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    of thy sins ~ Les corps ont trois possibilités de beauté : la force, la grâce et la plénitude. Certains corps miraculeux parviennent à réunir les trois. À l'opposé, le mien ne possédait pas une once de ces trois merveilles. Le manque était sa langue maternelle : il exprimait l'absence de force, l'Absence de grâce et l'absence de plénitude. Il ressemblait à un hurlement de faim. - Amelie Nothomb ANTÉCHRISTA
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Katsya Acosta
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MessageSujet: Re: ~ nothing worth having comes easy (Katsya)    Mar 24 Fév - 0:09

Tu ne sais pas très bien ce que tu fais là. Ou plutôt si. Comment l'ignorer ? Ce bouge est un parmi tous ces autres que tu fréquentes certains soirs, après que tu aies rangé ton matériel, quand tous ces visiteurs, tous ces gens qui dépendent de toi, d'une manière ou d'une autre, peuvent se passer de ta présence. Quand tout est sous contrôle et qu'enfin, tu peux aller te mêler à la foule affamée, désordonnée, puante et souvent désespérée. Tu fais partie de leur monde et tu n'as jamais cherché à le nier. Même dans ce bar où tu vides ton verre à petites gorgées savoureuses, tu n'as rien à cacher de ta véritable nature, que ce soit dans ta posture droite, dans ton regard enflammé ou dans tes gestes empreints d'assurance. C'est pourquoi tu passes relativement inaperçue. Ceci explique que les regards ne s'attardent pas plus sur toi que sur une autre ; voire moins qu'une autre. Tu ne portes pas leur petites jupes si près des cuisses ni leurs tee-shirts aux beaux décolletés. Non, toi tu leur préfères les pantalons, ceux qui moulent ton corps pour que tu puisses courir si jamais. Non, toi tu as rangé tes attributs sous cette veste en coton trop grande, aux manches retroussées, là où tu peux ranger tes armes sans être inquiétée. Alors, forcément, l'intérêt passe comme il vient et ça t'arrange bien. Dans ces moments-là, moins on te voit et mieux tu te portes, plus tranquille tu te sens et surtout, plus l'alcool peut faire son effet. Tes pensées s'accrochent à l'instant, tu embrasses les lieux sans faire mine de t'y attarder. Jusqu'à ce que ton regard croise le sien. Une fois. Deux. Encore ? Il insiste. Tu l'ignores. Parce que si l'idée que tu puisses l'intéresser t'effleure l'esprit, ta paranoïa chèrement acquise prend rapidement le dessus. Que te veut-il ? Pourquoi ? Comment ? Tu n'en laisses rien paraître, mais l'inconnu a capté toute ton attention. Le petit jeu dure un moment tandis que tu finis ton verre. Puis, tu te lèves et tu l'abandonnes à sa partie, à son pari. Mais tu ne vas pas bien loin. Tu as l'art de te cacher, tu es patiente et surtout, tu n'aimes pas rester dans le doute. Tu l'attends. Et quand il sort, seul et légèrement titubant, tu le suis. Ombre parmi les ombres, tu as cru déceler en lui les gestes d'un homme averti, aussi redoubles-tu de prudence. Pendant qu'il monte jusqu'à son appartement, tu empruntes l'escalier de secours, l'oreille à l'affut de ses bruits de pas à travers les fenêtres brisées. Tu ne rejoins la sienne qu'une fois que toute lumière y a disparu, que le temps que tu puisses supposer qu'il s'est abandonné aux bras de Morphée. Le loquet habilement crocheté, tu te glisses à l'intérieur, discrétion faite femme. Tu n'hésites pas un instant tandis que tu te diriges vers le lit où ton homme est profondément endormi. Le couteau serré entre l'étau de tes doigts, tu te penches sur lui, glisses la lame sous son menton ... Est-ce l'odeur du métal qui l'a réveillé ou la tienne ? L'arme se presse contre sa peau, si près de cette sacro-sainte carotide et tu te penches un peu plus sur lui. Tu t'assois près de lui, sans gêne aucune, téméraire et sûre de toi. " Bouge et je t'égorge. " susurres-tu, presque langoureuse, de ce ronronnement menaçant qui en a déjà effrayé plus d'un, avec cette note malsaine de plaisir mal contenu. Même tes yeux ressemblent à deux fentes félines dans l'obscurité que tu as apprivoisé depuis bien longtemps. Du chasseur à la proie, le fossé est si mince ...

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Nebojša Vukojević
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MessageSujet: Re: ~ nothing worth having comes easy (Katsya)    Mar 24 Fév - 11:43



Lumière éteinte, tu ne tardes pas à t’endormir, écrasé par le mauvais alcool et profitant d’une de ces rares fois où les ébats des voisins ne te proviennent pas des trop fines cloisons encore debout. Tu te réveilles pourtant, un peu plus tard, la bouche un peu pâteuse, prêt à te lever pour aller chercher un peu d’eau. Mais une présence non désirée se signale à toi : l’acier froid d’une lame posé sur ta gorge, une voix langoureuse, embuée d’un désir mal contenu, qui te susurre cette menace à l’oreille. – Bouge et je t’égorge. Ton regard, habitué à l’obscurité, reconnaît ce visage, tu le scrutais il n’y a pas si longtemps, et un sourire amusé naît sur tes lèvres alors que tu mets tes mains là où elle peut les voir, comme si tu devais une quelconque justification. Ce n’est pas par soumission, mais par jeu, tu veux voir quelle sera sa prochaine réaction, ce qu’elle compte faire alors qu’elle a le dessus, pendant que tu lui laisses cette sensation, certes grisante, mais illusoire, qu’elle mène la danse. – Je doute que tu sois venue pour ça. Taquines-tu, toujours allongé, ton regard planté dans le sien, sans panique ni provocation, juste avec curiosité.
T’es bien forcé de constaté qu’elle a au moins cette compétence : elle t’a suivi jusqu’ici sans que tu t’en rendes compte et s’est infiltrée chez toi, toujours sans éveiller tes soupçons. Nul doute qu’elle a été entraînée, et tu te poses soudainement la question de ses intentions, tu te demandes si elle agit seule ou commanditée par quelqu’un ; ta mémoire se mets à défiler, tu cherches les implications possibles de cette femme avec la raison de ta présence, mais tout te semble peu probable… Tu as agi avec discrétion, prenant soin comme tu l’as appris, à couvrir tes traces, nettoyer, déguiser, créer l’illusion. Maquiller le meurtre en accident ou suicide. – Et maintenant ? Lances-tu, comme lorsque tu joues au poker et que tu attends que quelqu’un relance la blinde. Tu pourrais tendre le bras pour allumer la lumière de la lampe posée sur le sol à côté de toi, mais étrangement, tu trouves que la situation a plus de piquant plongée dans le noir, et puis ça permet à tes autres sens de mieux percevoir, notamment le son de sa respiration, un peu saccadée, son odeur, un peu entêtante, dénotant une forte personnalité, mais malgré tout un peu fleurie, sucrée presque. Tu trouves ça sensuel en fait, qu’elle t’ait surpris, battu à ton propre jeu. Tu restes alerte malgré tout, pas du tout enclin à la laisser dominer trop longtemps, le serment que tu t’es fait quelques années plus tôt te l’interdit. – Ljubimac… Le mot te vient en Serbe, réflexe que tu n’as pu effacer même en ayant quitté ta terre natale. – C’est bien l’effet de surprise, mais c’est sensé être bref… Cette fois, t’es pleinement dans la provocation, et tu le sais. Elle pourrait, si elle voulait, resserrer l’étau, érafler la peau, mais tu en doutes. – Comme ça. Contre attaques-tu en saisissant son poignet pour la désarmer, laissant retomber le couteau sur le sol dans un bruit sourd. Tu aurais pu du même coup la renverser sur le lit, mais tu ne le fais pas, ça serait trop facile, trop prévisible.

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Katsya Acosta
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MessageSujet: Re: ~ nothing worth having comes easy (Katsya)    Mar 24 Fév - 17:07

A quoi t'attendais-tu exactement ? Certainement pas à un cri de surprise, encore moins à des supplications. Tu ne l'aurais pas vu tenter de négocier non plus, ce n'est pas son genre. Et comment le sais-tu ? L'instinct. Tu en as à revendre, tu l'as façonné et travaillé durant toute cette existence impitoyable. Tu peux reconnaître dans un simple geste la posture d'un prédateur. Alors tu vois bien qu'il en est un. Tu l'as compris dès que vos regards se sont croisés et pourtant, tu es là, simple rebelle face à une âme de guerrier. Tu jettes un oeil vers ses mains vide qu'il porte à ton attention, laquelle est détournée à peine un instant par ce geste. Toujours, tu en reviens à lui, à ses prunelles, aux courbes de son menton, à celles de la lame dans ta main. Ta langue passe sur tes lèvres. Parce que tu as le goût du sang et que tu n'en as même pas honte. L'esquisse d'un sourire vient aussitôt en creuser les coins, si fugace qu'on dirait un mirage. Il doute de tes intentions ? Quelle bravoure. " Ne présume jamais en ma présence. " que tu répliques avec morgue, cherchant à lui insuffler cette crainte qui lui fait défaut. Qu'il ne ressentira pas, c'est évident. Mais tu aimes les défis. Tu aimes le jeu, même si sous tes airs indélicats, austères, tu n'en laisses a priori rien deviner. Sauf que lui l'a senti. Voilà pourquoi le couteau ne s'enfonce pas davantage. Ceci explique que tu ne cherches pas à lui faire payer son insolence. Il s'interroge, maintenant et tu ne lui réponds pas. Tes yeux le scrutent, tu captes les effluves de son parfum si masculin, un brin animal. Les notes de son accent étranger résonne encore à tes tympans. Tu guettes le frottement des draps sous ses faibles mouvements, sous les tiens, tu les imagines bouger sous le ballet de vos corps et ta respiration se fait plus difficile. Quelque chose en toi grogne d'un désir bien plus inavouable que celui de simplement faire couler les sang. Là encore, tu ne cherches pas à l'ignorer, toujours pas à le dissimuler. Seul le son de sa voix te permet de retourner à la réalité. Tes sourcils se froncent brièvement avant que la lame ne t'échappe des doigts. Ton homme écris les règles de la partie juste à côtés des tiennes. Aussitôt tu t'empares de sa gorge. Ta poigne est ferme et dure pour ton gabarit. Elle aussi est entraînée. Elle peut étouffer, briser. Mais elle ne le fait pas. Elle se contente de rapprocher vos visages jusqu'à ce que vos bouches se frôlent et que tu y souffles ta question insolente : " D'autres conseils avisés ? " Ton nez effleure sa joue, glisse jusqu'à son oreille. Il lui suffirait d'un coup pour t'arrêter, pour t'éloigner de lui. Seulement, tu as comme la sensation qu'il n'en fera rien. " Je veux ton nom. " Du moins, pas avec cette violence défensive à laquelle on pourrait s'attendre.

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MessageSujet: Re: ~ nothing worth having comes easy (Katsya)    Mar 24 Fév - 18:44



Elle ne se plie pas à tes règles, du moins pas sans y ajouter les siennes. T’avais senti en la regardant dans ce bar, t’avais eu l’intuition qu’elle ne serait pas comme les autres femmes que t’avais mises dans ton lit. Celle là, s’est invitée dans le tien, littéralement. Il n’y a pas besoin d’être fin psychologue pour deviner qu’elle n’est pas une de ces minettes, sa tenue le clame sans détours, son visage aussi, tout chez elle indique celle qui a dû se battre pour vivre, survivre, s’endurcir mais pas au point d’ensevelir la femme, la revêtir d’une armure, parce que les temps ont été très durs, tu l’imagines. Tu la désarmes, mais elle ne démérite pas, à main nue, elle continue de riposter dans ce match tacite qui s’est lancé. – Ne présume jamais en ma présence. Assène-t-elle, implacable, sûre d’elle alors qu’un sourire fugace passe sur ses lèvres. Tu as la confirmation de ce que tu supposais, elle a été entraînée, ses gestes sont trop précis pour être ceux d’une amateur, trop rapides pour l’hésitation, il n’y en a pas l’ombre d’une trace. Tu juges, à sa tenue, qu’elle est une combattante, qu’elle est de ceux qui mènent, ça se voit, son être transpire ce charisme froid et posé, et ça te plaît. Tu devines à peine ses formes sous la veste un peu trop grande pour elle, mais à cet instant, ça fait presque plus d’effet qu’un décolleté qui ne cacherait pas grand chose, jetant aux orties le mystère, sensuel, de la découverte. – D’autres conseils avisés ? Susurre-t-elle, sa bouche à une distance dangereusement mince de la tienne, son souffle caressant presque ta joue, tendre contraste avec la poigne, plutôt ferme étant donné son gabarit, qu’elle montre, farouche. L’amazone reprend le dessus, réapparaît après une courte éclipse. – Je veux ton nom. Lance-t-elle, inquisitrice. Tu éclates de rire. – Tu manques pas d’air toi… Répliques-tu avec cet lueur dans les yeux, à la fois malsaine et joueuse débordant de cette envie de mettre fin à la partie, maintenant, et de la posséder, tout de suite, sans autre forme de procès. Tu la regardes, tu la détailles, comme elle l’a fait quelques secondes plus tôt, maintenant assis sur ton lit, face à elle. Tu viens cueillir sa nuque d’une main, son cou est si fin, et tu esquisses ce sourire, celui du prédateur, un peu carnassier, un peu sauvage. – Tu te pointes chez moi, par effraction, armée, et tu exiges MON nom ? Tu ricanes, crachant ces mots sans cacher l’insolence, l’insoumission. Elle est une forte tête, certes, mais ça ne lui donne pas le droit d’inverser la situation, tu comptes bien le lui rappeler. A ton tour, tu t’approches de son visage, et tu murmures, détachant bien les syllabes de ta courte réplique. – Va te faire foutre… Puis tu la jettes sur le lit et en sort, sans te préoccuper du fait que tu n’es qu’en sous-vêtement. – Et un conseil, puisque tu en voulais d’autres… Poursuis-tu en te retournant vers elle. – Dégage de chez moi. Craches-tu en ouvrant la porte de cette boîte à chaussure qui te sert de logement.

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MessageSujet: Re: ~ nothing worth having comes easy (Katsya)    Mar 24 Fév - 20:21

D'habitude, tu ne joues pas trop longtemps. L'entrainement et l'expérience t'ont appris qu'il était facile de s'y perdre, trop aisé de s'y faire prendre. Plus la partie perdure, plus ton attention peut vaciller. Un instant peut tout faire basculer. Tu es toujours à un cheveu du point de non-retour, tu vois presque les Moires attendre avec impatience, ciseaux en l'air, ce moment tant attendu où elles pourront couper le fil de ton existence insignifiante. Après l'impulsion, dans le métro, durant ces trois mille kilomètres d'exode ... Même encore aujourd'hui, dans cette Seattle vicieuse et viciée où tu vas d'un sabotage à l'autre, maintes occasions se sont présentées. Mais tu t'en sors toujours à temps. Tu coupes court et abats tes cartes - voire ta victime, c'est selon. Là, tu repousses les limites. Tu veux les mots, la chair, tout mélangé. Du contact et des réponses. Tu veux continuer à ressentir cette envie viscérale, cette adrénaline mortifère. A tes risques et périls. Ses doigts s'enroulent autour de ta nuque. Il rit. Le son est plaisant, les échos le sont moins. Il perd patience. Tu es allée loin, tu as envahi son intimité, tu l'as défié au-delà de ses aspirations. Chacune de ses paroles est aiguisée comme cette lame que tu tenais un peu plus tôt, il ne tiendrait qu'à lui de te faire la peau. Et toi tu tressailles. Non pas de peur. En es-tu seulement encore capable ? D'excitation. Celle qui afflue par vagues brûlantes et bouillonnantes du fond de tes entrailles pour s'échouer sur les rivages de ton esprit à vif. L'insulte te fait ricaner, tu n'as pas pu t'en empêcher. Mais ton rire s'éteint bien vite alors qu'il te repousse sauvagement, t'envoyant valser sur ce même lit qu'il vient de quitter pour se remettre debout, tout à fait alerte. Toi aussi tu l'es. Les yeux dissimulés sous quelques mèches rebelles, ramassée sur les coudes en une position beaucoup moins suggestive qu'elle pourrait le laisser croire, tu l'observes par-dessous tes cils. De haut en bas. De bas en haut. Sans gêne, sans pudeur, tu le dévores un instant avant d'observer le trou béant par lequel il te demander de déguerpir. Immédiatement. Un ange passe. Tu t'obstines à rester silencieuse, incapable de détacher ton regard des lignes de ses muscles nus. Quand tu en reviens à ses prunelles, les tiennes s'embrasent un peu plus. " Non. " Ta voix résonne comme une sentence implacable. Tu n'as pas l'intention d'aller où que ce soit. Il doit s'en douter. Après tant d'efforts, te voit-il vraiment partir comme tu as apparue ? Il veut te laisser une chance de t'en sortir sans dommage mais tu ne la saisies pas. Au lieu de ça, tu te lèves à ton tour, récupérant ton couteau dans le même mouvement. " L'opposition te plaît si l'on finit par obéir à tes règles, si elle est synonyme de soumission. Ex-militaire ? Gradé, je parierai. " Tu en as connu des semblables à cet homme, les disgraciés, ceux-là même qui t'ont enseigné leurs techniques et leurs stratégies. De bien des manières, tu es dangereuse toi aussi. Devras-tu vraiment lui montrer à quel point ? Fais-tu seulement le poids ? C'est que tu as des atouts dans ta manche. Littéralement. La pointe de la lame vient piquer ton index, tu te déplaces avec nonchalance, regardant autour de toi, tes bottes martelant le sol miteux. " Tu n'as pas vraiment envie que je parte. " reprends-tu aussitôt. Ce n'est pas une question. Tu affirmes, d'un ton léger, presque désinvolte. " Tu aimerais savoir pourquoi j'ai pris la peine de grimper jusqu'ici et moi je veux savoir ce qui t'a donné l'air si intéressé tout à l'heure, au bar. " Et alors que tu aurais dû maintenir la distance entre vous, tu t'approches de lui, tu le respires à nouveau, le nez en l'air, la voix grondante de tant d'émotions contraires que même toi, tu ne cherches pas à les démêler.

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MessageSujet: Re: ~ nothing worth having comes easy (Katsya)    Mar 24 Fév - 21:18



Elle te défie jusqu’au bout, sans ciller, sans hésiter, parce qu’elle est taillée dans le même bois que toi, et la lutte pourrait durer longtemps, mais une partie de toi, loin d’être en colère, apprécie ce duel bien plus que de raison. Décidément, elle n’est pas comme ces autres minettes qui se contentent d’écartes les cuisses en battant des cils. Tu aimes cette assurance qu’elle a, cet aplomb typique de ceux qui ont été cabossés, malmenés par la vie et qui ont décidé de réagir. Elle repousse les limites, toujours plus loin, teste tes réactions, te teste, toi, en tant qu’adversaire. Tu trouves ça excitant en fait, bien plus que de banales platitudes, des compliments que tu ne penserais pas forcément, des blagues pas forcément drôles. D’ailleurs, tu n’en connais pas. L’humour est pour toi une contrée lointaine, au moins aussi lointaine que celle qui t’a vu naître et qui a été témoin de ton destin brisé. Tu ne sais plus rire, tu as oublié ce que c’est le sentiment d’avoir le cœur léger, tu ris jaune, tu ricanes, c’est tout ce qui reste. – Non. Clair et net. Elle ne compte pas se faire dicter sa conduite, pas plus que toi. Un sourire nait au coin de tes lèvres, plus un rictus, mais peu t’importe. Tu sens son regard se promener sur toi, ça ne te dérange pas, tu n’as jamais été quelqu’un de pudique, ça t’amuse même. – La vue te plait ? Lances-tu sans la regarder. Elle ne te répond pas ; elle se lève, ramasse son couteau dans un même élan, et joue avec, caressant la lame du bout des doigts. Cette fois, c’est elle qui ne te regarde pas, elle t’analyse, elle voit juste. – Ex militaire ? Gradé je parierai… Ta mâchoire se serre à ces mots, ils ravivent ces souvenirs, la brûlure de l’humiliation. T’aurais préféré la lame, ça aurait fait moins mal, parce que tu n’as pas oublié, pas cicatrisé, t’as juste recouvert la blessure sous la glace, t’as anesthésié ton cœur. – Tu n’as pas vraiment envie que je parte. Nonchalante, elle arpente la chambre, mutine. Elle marque un point. Maintenant qu’elle est là, autant en profiter, mais tu n’aimes pas ce qui est trop facilement acquis, alors tu n’en montres rien, tu continues de l’écouter. – Tu aimerais savoir pourquoi j’ai pris la peine de grimper jusqu’ici, et moi je veux savoir ce qui t’a donné l’air si intéressé tout à l’heure au bar. Elle en a des bien bonnes… Tu hausses un sourcil. – Oh, à d’autres ma belle… C’est pas la peine de jouer les innocentes. Tu rirais presque si ton esprit ne venait pas de t’envoyer l’image d’elle, en dessous de ces vêtements sombres, les courbes fines et racées de sa silhouette, le souvenir de son odeur complexe et piquante. Tu ne peux pas rester de marbre, même si tu le voulais, mais ton corps lui ne ment pas. Elle s’approche. – Je me fous de savoir pourquoi. Tu aurais pu ajouter, que t’aimes les femmes qui ont du culot, qui savent ce qu’elles veulent, mais tu ne le dis pas.

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MessageSujet: Re: ~ nothing worth having comes easy (Katsya)    Mer 25 Fév - 0:23

A nouveau ce sourcil qui se hausse. Perplexe, cette fois-ci. Pourquoi rit-il ? En quoi ta question sous-entendue lui paraît-elle si amusante ? Depuis dix ans que tu travailles dans l'ombre, depuis autant que beaucoup se sont cassés les dents à tenter de prouver ton implication dans la rébellion, aurait-il perçu tes secrets les plus sombres ? Et puis, soudain, tu vois la chose sous un autre angle. Tu comprends que, peut-être, il t'a regardé comme tous ses porcs reluquent leur prochaine conquête aux attributs déballés. Oui, peut-être. Tu n'en es pas sûre, tu ne veux pas miser là-dessus. On ne sait jamais. On n'est jamais trop prudents, tu l'as appris à tes dépends plus souvent qu'à ton tour. Tu en as vu d'autres tomber après avoir baissé leur garde, grisés par la luxure, embaumés par cette aura charnelle. Bien sûr, c'est aussi ça que tu veux de lui. Sa présence t'attire tel un aimant, elle t'a frappé immédiatement. Mais c'est secondaire. Plutôt que de lutter contre, tu décides de l'utiliser. Tu passes derrière lui, refermant la porte dans son dos, le frôlant à dessein tandis que tu reprends sur ce ton ronronnant : " Menteur. " Encore une affirmation. S'il n'en avait rien à carrer, s'il souhaitait vraiment te déloger, alors il aurait tenté. Il serait venu t'affronter avec davantage que son regard. Sauf qu'en attendant, il n'a pas réellement bougé. Il guette le bluff, la prochaine parade. Il est curieux de la donne que tu lui mets sous les yeux à chacune de tes interventions. Il veut savoir. Tu le sais. Tu le sens. Et tu ne cèderas pas aussi aisément. Il n'a pas le temps de faire volte-face que tu l'as déjà contourné, te dirigeant vers l'unique table des lieux où tu t'assois, jambes croisées, le couteau dansant toujours entre tes doigts. Tu en saisies soudain la garde et le bout de la lame vient tourner dans ta paume. Le spectacle semble t'hypnotiser mais tu ne l'es pas réellement, toute ton attention n'en a que pour ton inconnu, celui qui refuse de ployer sous ton insistance. " Non, non, bien sûr que tu ne t'en fous pas. Il en faut beaucoup pour piquer ta curiosité et encore davantage pour l'épancher. Admettons qu'il en soit de même pour moi ... " Tu fais une pause et ouvre ta veste pour y fouiller dans la poche intérieure. L'esquisse de tes formes féminines se dessine enfin. Quelques centimètres de peau pâle crevant la pénombre, la courbe naissante d'une poitrine, les reflets d'une chaîne en argent qui disparaît sous le vieux débardeur ... Soudain, tu lui brandis une carte. Mais pas n'importe laquelle. Son pass à lui, son identité, son existence toute entière. En ton pouvoir. Subtilisé à peine arrivée, après une fouille aussi brève que discrète. " ... Je pense que ceci pourra me renseigner. " Un sourire étire tes lèvres indélicates. Carnassier. Tu repousses encore la frontière et tu y prends un plaisir malin, malsain. L'arme est dangereusement proche de ce qui fait tout ce qu'il est, en grattant presque le plastique. Il suffirait d'un geste pour l'endommager. Irrémédiablement. " Tu as affirmé tout à l'heure douter de ma capacité à t'anéantir. Je t'ai dit de ne présumer de rien. Regarde comme il me serait facile de t'anéantir ... Regarde à quel point je suis prête à tout pour obtenir ce que je suis venue chercher. " Nul besoin de bombe. Pourquoi déléguer le travail quand votre seule personne suffit à représenter une menace ?

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Nebojša Vukojević
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MessageSujet: Re: ~ nothing worth having comes easy (Katsya)    Mer 25 Fév - 9:49



Elle est sacrément douée à ce jeu, tu dois bien le reconnaître, tu n’es vraiment pas tombé sur la première venue et tu prends, seulement maintenant, la pleine mesure de son talent. Il n’y a plus seulement les mots, il y a les actions qui te le prouvent et te jettent ta suffisance au visage ; elle a subtilisé ton pass, elle joue avec, la seule preuve de ton identité, égratignant le plastique de mauvaise qualité avec son couteau, prête à te prouver qu’il suffirait d’un rien pour t’anéantir. Tu hausses les épaules. Céder n’a jamais été ton fort, c’est d’ailleurs ce qui a, d’une certaine façon, précipité ta perte, là bas. Tu te dis qu’après tout, dans des temps obscurs, il y a toujours des systèmes parallèles, des faussaires qui s’améliorent de jour en jour. Et l’argent que tu comptes empocher d’ici quelques jours te permettra sans grande peine de retomber sur tes pieds. Mais tu ne penses pas encore à ça, pas vraiment, parce que tu préfères miser sur le fait qu’elle n’ira pas au bout, tu montres un visage calme. – Et avec ça entre tes mains, t’avais encore besoin de demander mon nom ? Fais-tu remarquer, sans te départir de cette foutue insolence qui est devenue ta deuxième peau. – Je t’ai dis de ne présumer de rien… Elle aime ce pouvoir qu’elle a, t’avoir à sa merci. Elle ignore sans doute qu’en détruisant cette ultime preuve de ton existence, elle te rendra plus difficilement traçable, et en fait, ça serait presque un coup de pouce, une roue de secours supplémentaire pour quelqu’un comme toi, mais elle ne le sait pas. Visiblement. – Regarde comme il me serait facile de t’anéantir… Elle l’ignore aussi, mais tu es déjà à terre, même si ça ne se voit pas, quelqu’un d’autre a déjà à moitié fait le boulot, il serait en effet très facile de terminer. – Regarde à quel point je suis prête à tout pour obtenir ce que je suis venue chercher. Tu souris. La voilà sa faille. – Sais tu seulement ce que tu es venue chercher ? C’est de nouveau ton terrain, quelque chose que tu sais faire, retourner la situation, faire une pirouette, esquiver. Tu n’as jamais été très loquace, mais ça t’a toujours permis de mieux écouter, de mieux profiter de ce que tu pouvais entendre, si le besoin se faisait sentir, et c’est le cas à cet instant précis. Il n’y a pas besoin d’artillerie lourde, même pas besoin d’armes en réalité, parce que les mots, les gestes en sont et d’un calibre bien plus puissant. Tu la regardes, assise sur cette table, l’une des rares pièces de mobilier de cet appartement sommairement fourni. – Et ensuite ? Pas besoin de cris, de coups de feu, mais c’est bel et bien une guerre, entre deux volontés, deux caractères trempés dans l’acier en fusion. Tu t’approches d’elle, de cette démarche à la fois veloutée et prédatrice, tu arrives bientôt à sa hauteur, mais ne termines pas de réduire cette distance, incompressible menue distance, entre vous. Tu peux presque la toucher, mais tu ne le fais pas, tu te contentes de parcourir son visage du regard, t’attardant sur les pommettes hautes, les iris glacées mais pourtant embuées de ce désir malsain, la bouche entrouverte, la moue dédaigneuse. Tu pourrais une nouvelle fois stopper sa main, mais tu ne le fais pas non plus.

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MessageSujet: Re: ~ nothing worth having comes easy (Katsya)    Mar 3 Mar - 0:52

N'importe qui d'autre se serait probablement jeté sur toi, toutes griffes dehors, afin de récupérer le précieux pass d'identité. S'en serait alors suivie une lutte sans merci, une cacophonie de violence jusqu'à l'épuisement. Ou la mort. N'importe qui, absolument. Mais pas lui, non. Ton homme hausse les épaules et ton sourire s'étire en largeur. La bête en toi gronde plus fort. Il est comme toi. Déchire-lui la gorge. Fais-lui payer sa désinvolture. Montre-lui qui commande dans ce monde qui n'est pas le sien. Autant d'ordres et d'imprécations intérieures que tu ignores, leur préférant ta curiosité, ton bout d'humanité, ta part de femme dont tu n'as jamais totalement réussi à te défaire. Pour une fois que tu trouves quelqu'un à ta hauteur, pourquoi t'en priver ? Il n'attend rien de toi. Du moins pas à ce que tu représentes quelque chose. Tu n'es pas un statut à ses yeux ; ni leader, ni sœur, ni mère. Tu es juste son adversaire, un visage qu'il tente de cerner, d'évaluer. Et ça te plaît. Il te demande si tu as une idée de ce que tu es venue trouver dans cet appartement et à nouveau, tu laisses le silence s'installer, caressant le plastique de ta lame d'un air songeur. Des réponses, évidemment. Mais la tienne ne lui suffirait pas. Et surtout, elle t'exposerait. Elle sonnerait le glas de votre petit tango à quatre temps, la musique cesserait aussitôt et alors, que vous resterait-il ? La partie n'est pas terminée. Pas tant que tu ne l'auras pas décidé. " Et ensuite ? " répètes-tu, sans le singer, simple écho mutin. Il est revenu vers toi sans pour autant combler toute la distance qui vous sépare. Tu sens ton souffle s'accélérer, le désir se muer en envie impérieuse, quasi irrépressible. Cependant, tu ne bouges pas. Tu te contentes de river tes prunelles aux siennes. " Je sais ce que tu te dis. Quelle importance que je brise cette toute petite chose alors qu'il suffit d'un contact pour t'en procurer une autre ? Peut-être même te dis-tu que ça t'arrangerait, au fond. " Non, tu ne lis pas dans ses pensées. Tu n'es pas une entité omnisciente, tu n'as aucun don de prédication. Tu es juste une des pourritures de ce monde chaotique. Tu te baignes juste à longueur de jour dans le bain putride de ces quartiers abandonnés. Tu l'as juste vu, lui. Si clairement que c'en est presque amusant. Pour toi, du moins. " Mais ce que tu ne te dis pas, c'est tout ce que je pourrais en faire. Il me suffirait de récupérer la puce à l'intérieur et demain, on viendrait défoncer ta porte et t'arrêter pour trahison. Tu imagines comme ce serait plaisant ? " La malice qui ne te quitte pas et cette joie malsaine, faisant vibrer ta voix, qui revient à la charge pour percuter ton interlocuteur. Mais soudain, ton regard s'assombrit. Tu plisses les yeux et referme tes doigts sur le pass, cessant ta danse de la lame. " Viens la chercher. " Un ordre. Ca aussi, tu maîtrises à la perfection.

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MessageSujet: Re: ~ nothing worth having comes easy (Katsya)    Mar 3 Mar - 17:24

Elle ne t’épargne rien, et ne te fera aucun cadeau, tu t’en es bien rendu compte. Ton absence de réaction élargit son sourire, un peu carnassier, un de ceux dont tu serais capable en présence d’une de tes autres proies, ou bien une cible que tu juges un peu trop facile. Clairement, elle ne compte pas en rester là, et, titillant toujours le plastique fragile du bout de sa lame, elle affirme son emprise, sa supériorité. Toi comme elle, au fond, vous vous ressemblez, au moins sur certains points : fiers et indomptables, prêts à toujours sur le qui-vive, sortant les griffes au moindre signe suspect. Le silence s’est de nouveau installé, pesant ; seuls les bruits extérieurs parviennent jusque dans cette chambre. C’est un duel de haute volée qui se tient, inattendu, mais somme toute plutôt distrayant. Elle reprend la parole, avec cet air si sûr d’elle, si sûr de ses déductions à ton sujet, et tu découvres qu’elle n’est pas si loin de la vérité. – Je sais ce que tu te dis…   Commence-t-elle avec cette assurance dont elle ne s’est jamais départie, celle qui avait attiré ton regard dès le début de la soirée, dans ce bar où chacun venait oublier ses craintes et ses doutes. Elle semble lire dans tes pensées, ce qui te fait à nouveau penser que vous n’êtes en fait pas si différents.
Tu n’écoutes plus que d’une oreille ce qu’elle déballe, visiblement fière de son observation. Elle a vu, elle a compris ce que tu étais, ou du moins, une partie de ce que tu es, elle a vu que c’était sombre, qu’il n’y avait plus grand- chose d’humain derrière ce regard d’acier. – Ce que tu ne dis pas, c’est ce que je pourrais en faire… Le temps de ces quelques mots, elle a de nouveau capté ton attention, tes yeux se posent sur elle, ton regard plus scrutateur. Prendre la puce, vider cette petite carte de rien du tout de toute son essence.  Et puis, toujours en l’espace de quelques secondes, elle franchit la ligne, cette démarcation invisible entre ce qui t’atteint, et le reste, entre l’homme et la machine à tuer. Elle brouille les pistes parce qu’au moment où elle prononce ce mot, les deux identités qui se battent au fond de toi s’éveillent en même temps. Elle a frappé là où ça fait mal, avec un seul petit mot, tellement anodin, tellement précis, tellement meurtrier. Trahison. Tes yeux s’illuminent d’une lueur nouvelle ; ce n’est plus seulement le désir qui y transparait, parce que oui, tu brûles intérieurement, tu la veux, chaque parcelle de ton être le crie sans bruit, mais maintenant, tu veux aussi la rabaisser, la mettre à nu comme elle l’a fait, lui enlever tout ce qui la rend elle, déchirer sa belle fierté, fracasser son armure ou du moins, lui faire payer son audace, la facilité avec laquelle elle a fait voler en éclat ton rempart de mystère. – Viens la chercher. C’est presque un ordre qu’elle te donne, mais pour cette fois, tu te prends au jeu, tu fais mine de céder, pour frapper plus fort après, parce que c’est comme ça qu’on survit. Tu fais un dernier pas vers elle et la prend à la gorge pour la renverser sur la table. T’es au dessus d’elle, ta bouche à quelques petits centimètres de la sienne. Tu la frôle, engageant presque ce corps à corps, tremblant de ce désir violent, cette colère sourde qui grondent et tu siffles à son oreille – Pour trahir, il faut être loyal…  Les mots claquent, tu la maintiens toujours, le dos contre le plateau de cette table en bois sombre. Tu arraches la carte de sa main avant de te détacher d’elle puis de regagner le lit que tu as quitté et sur lequel tu t’assieds, sans lui prêter attention.

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MessageSujet: Re: ~ nothing worth having comes easy (Katsya)    Jeu 5 Mar - 3:09

Va-t-il t'ignorer, cette fois encore ? La provocation sera-t-elle suffisante pour qu'il tente de te faire ravaler ton insolence ? Ou se contentera-t-il d'un vague sourire, d'un regard en coin, d'une feinte dont il se pare avec tant d'habilité ? Tu brûles de le savoir bien que tu ne cherches pas à l'anticiper. Il est de rares situations où tu aimes les surprises et celle-ci en fait partie. Bientôt, ton dos vient heurter la table. Les doigts de ton homme s'enfoncent dans ta gorge, te coupent le souffle, t'écrasent la peau sans douceur ni demie mesure. Et toi tu fermes les yeux. Tu savoures, masochiste et fébrile. Tu te sens même te cambrer sous la pression de son corps contre le tien. Pas parce que tu veux souffrir. Non, la douleur t'échappe en cet instant. Elle est loin, oubliée de ce monde onirique dans lequel vous vous êtes entraînés l'un l'autre. Tu ne peux simplement plus tolérer la moindre distance alors que, sans s'en rendre compte, il s'offre à toi. Te donne exactement ce que tu veux. Vos bouches presque jointes sont faites d'autant de minuscules lames que tu rêves de les voir se transpercer de part en part. Ta main lutte contre l'étau de ses doigts alors qu'il veut t'arracher le fameux sésame, son identité dont tu as menacé de le spolier. Pour la forme. En vérité, tu n'as jamais eu l'intention de mettre ton chantage à exécution. Tu as d'autres projets pour lui. Mais ça non plus, il ne le sait pas. Toi-même tu hésites encore quant à ton objectif, bien que certaine qu'il se dessinera au moment opportun. Il te ravit le précieux objets et sa chaleur t'échappe. Il te faut appeler à toute ta maîtrise afin de ne pas le retenir, exiger qu'il termine ce qu'il a commencé. Pas encore. Le jour viendra. Tu te redresses, massant ton cou malmené. Plus qu'un frottement, tu caresses les stigmates de sa poigne violente. Tu ne veux pas en éliminer la gêne, tu cherches à la garder encore un peu. C'est malsain. Tout ce que tu es, en résumé. Tes prunelles suivent le moindre de ses mouvements, s'animent un peu plus face à son ignorance. A son apparent et soudain désintérêt. Trop tard. C'était avant qu'il fallait jouer les effarouchés. Sa dernière phrase résonne dans ton esprit tandis que tu quittes ton siège de fortune pour revenir vers lui. Encore. Toujours. Se séparer pour mieux se retrouver. A ton tour, tu te penches à son oreille, ta main venant effleurer sa joue. Le geste est tendre, si contradictoire en comparaison de tout ce que vous venez de vous infliger. " Tu le seras. " Un pas en arrière, redevenue droite et fière. L'instant de délicatesse est passé. D'ailleurs, tes paroles ne l'étaient pas. " A bientôt, Nebojša. " Tu as pris soin de détacher chaque syllabe de son prénom, d'y mettre l'accent de sa langue natale que tu ne parles pas mais dont tu connais les inflexions rudes. Et l'instant d'après, la porte se referme derrière toi sans bruit. Seule trace de ton passage, ton couteau oublié, planté dans le bois de la table. Un petit souvenir. Oui, le jour viendra. Tu n'en doutes pas un seul instant.

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